Pied de nez à la géographie, c’est au Mont Saxonnex que réside le seul facteur français de cet instrument à vent. Didier Heuline, ingénieur en électronique, a deux métiers. Venu de Bretagne en Haute-Savoie, baigné dans la culture celtique, il fabrique une cornemuse sophistiquée nommée Uilleann pipe, moitié orgue, moitié hautbois, dont il joue.
Un soufflet actionné sous le bras envoie de l’air dans la poche de peau, air réparti dans différents tuyaux de bois portant des touches de métal et dans lesquels sont adaptés des anches, sept en tout. Voilà le principe. On en tire des sons admirables (après de longs et difficiles exercices) qui ressemblent à la voix humaine.
L’objet est magnifique, pèse 2 à 3 kilogs, demande 3 mois de travail à temps plein sur des matériaux aussi variés que le cuir d’élan (sans pores, comme la peau de chien), le laiton, l’ébène, le cerisier, le buis, le roseau et ce bois fabuleux venu d’Amérique Centrale : l’amourette.
Didier Heuline conçoit chaque tuyau par ordinateur, fabrique les outils dont il a besoin, et façonne chaque pièce de l’instrument.
Françoise Rosenzweig. 2010